Il ne faut pas se contenter de préserver le patrimoine, il faut le faire vivre », déclare Nicolas Bourriaud (ill. : 2008. ©M. Olsson), nouveau directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts (Ensb—a). L'ancien co—directeur du Palais de Tokyo a Paris et commissaire d'expositions à la Tate Modern de Londres lancera dès 2013 un programme d'expositions qui s'articulera entre l'art du passé et celui du présent. « Je perçois dans l'art contemporain un intérêt pour l'archive, l'histoire et la traçabilité du présent », énonce l'auteur de Postproduction, qui entend réhabiliter les bâtiments de l'école et presenter au public les oeuvres anciennes qui sont conservées dans l'annexe de Saint-Ouen. Parmi ses projets : rebaptiser « palais des Beaux-Arts » les salles d'exposition du quai Malaquais, les doter d'une librairie, « développer la convivialité » en ouvrant un café a l'horizon 2013, dans un pavillon dessiné par un artiste ou un designer, et réhabiliter l'ancien Bal des Quat'z'Arts. Enfin, Nicolas Bourriaud est chargé de mettre en place un doctorat en arts plastiques, dans le cadre du projet Science Art Création Recherche (SACRe).
M. B.
Ancien secrétaire général du College des Bernardins, Herve de Vaublanc (ill. : à droite. ©Bernard Saint-Genès) est aujourd'hui directeur adjoint et directeur de la programmation du lieu de création, de recherche et de formation. « Tous nos projets artistiques sont nourris de propositions d'arts vivants et de musiques actuelles », souligne—t-il. Actuellement, il met en oeuvre une programmation d'arts plastiques initiée par Jean de Loisy, « Questions d'artistes », qui comprendra jusqu'en juin des expositions de Céleste Boursier-Mougenot, Michel Blazy, lan Kopp et Tania Mouraud. « Notre force, c'est l'interaction avec le département de recherche des Bernardins “ La Parole de l'art ” », dit-il. Fondé début 2011 par le docteur en théologie Jérôme Alexandre (ill. : à gauche) en binome avec le professeur d'esthétique et d'histoire de l'art Bernard Marcadé, ce département est « le seul lieu de recherche à Paris qui ne prend pas la question artistique par le biais esthétique ou de l'histoire de l'art, mais par la question du témoignage vivant des artistes. Les oeuvres d'art parlent. Ce n'est pas la parole des concepts, de l'objectivation de la science ou de l'intelligence détachée, c'est la parole du sensible ». Et l'auteur de L'Art contemporain, un vis-à-vis essentiel pour la foi, d'ajouter : « Elle a un lien évident avec une autre forme de parole agissante, la Révélation judéo-chrétienne ».
M. B.Collège des Bernardins, 18–24, rue de Poissy. 75005 Paris 01 53 10 74 44 www.collegedesbernardins.fr Exposition « Céleste Boursier-Mougenot » du 10 février au 14 avril.
Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand vient de lui remettre les insignes de Chevalier des arts et lettres. Figure du mécénat culturel, Élisabeth Delorme accompagne les mutations de la Fondation d'entreprise EDF depuis sa creation en 2006. « Le 2 décernbre dernier, nous avons renouvelé le mandat de la Fondation jusqu'à décembre 2015 et nous l'avons élargi au thème de la science, de l'insertion et de l'emloi, sans oublier l'aide humanitaire internationale », annonce cette ancienne conseillère régionale de Poitou-Charentes. Bien évidemment, l'action culturelle de la Fondation se poursuit, à travers les expositions de l'Espace EDF à Paris, au Bazacle à Toulouse, au musée Electropolis à Mulhouse et avec le parrainage d'événements tels que « Marseille 2013, Capitale européenne de la culture ».
Attentive aussi bien at la création contemporaine qu'a la valorisation du patrimoine, celle qui fit inscrire des 1993 la citadelle de Brouage au réseau des grands sites de France est persuadée que « l'accès pour tous à l'art et a la culture est un élément fondateur du lien social ». Son nouveau mandat va lui donner toute latitude pour mener à bien des projets en ce sens. M. B.